Oies sauvages cacardant

Hier. Vers onze heures trente. Changement d’heure oblige, nous avions dormi une heure de plus et vaquions à diverses activités avant de lancer vraiment la journée. L’une était occupée à faire des devoirs, l’autre à regarder des vidéos sur You tube, la dernière à payer ses factures ( !). En cet avant dernier jour du mois d’octobre, le soleil brillait sur les feuilles rousses renvoyant une luminosité intense, et le ciel était absolument transparent.

Tout à coup, on entendit des bruits de basse-cour étranges.

Ça piaillait, jacassait, grisollait, croulait, margotait, cancanait, nasillait, chuintait, craquetait, craillait… bref, faisait un boucan d’enfer totalement étranger à nos us et coutumes citadins. Des sonorités si étranges que l’on se précipita à la fenêtre. Et là, quelle fut notre surprise.

310px-tundra_bean_goose

Au dessus de Cologne, agglomération et 4ème métropole d’Allemagne décomptant plus d’un million d’habitants et encore quelques industries bien polluantes, pas moins de 5 à 6 grands « V » d’oies sauvages, traversaient le ciel en cacardant pour aller rejoindre leurs terre d’hibernation : l’Afrique sans doute. L’été – si prolongé cette année – était bel et bien fini. Mais nous en avions profité à satiété. Et c’était « Wunderschön », d’être rappelé ainsi à sa plus simple nature !

Fatale erreur.

Encore tout enthousiaste de ce phénomène naturel, le soir, nous nous sommes précipitée sur Internet pour voir si l’on parlait déjà de la grande et merveilleuse migration des oies sauvages, nous rappelant le rythme éternel des saisons (et par la même les enjeux du réchauffement climatique) !

Que nenni !

De fait, il semblerait que ces oies sauvages, ne migrent pas du tout vers l’Afrique (oh méconnaissance, oh naïveté !), mais au contraire, venant de Sibérie, des régions polaires, s’installent en hiver dans des contrées plus accueillantes, à savoir… les rives du Rhin en pleine Europe centrale.

Entre Duisburg (porte de la Ruhr et du Rhin) et la Hollande, on en compterait ainsi pas moins de 180 000 par hiver…. Ce qui n’est pas pour plaire à tout le monde et voire a donné naissance, au niveau régional, à une cellule de crise dite «Gänsemanagement ».

Une oie, c’est bien en effet, près de 200 000 moins, si l’on s’en tient à leurs déjections quotidiennes.

Et de nouveau, nous voici désenchantée.

A partir de demain, je combats le vol d’oies sauvages. En Allemagne ou ailleurs.