31.12 à Cologne : Patatras

Oui, il s’est vraiment passé quelque chose de très grave à Cologne la nuit du 31 décembre dernier. Grave de par les faits en eux-mêmes. Grave pour leurs conséquences.

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Les faits en eux-mêmes : la presse française s’en est largement fait l’écho et continue à le faire. Rappelons tout de même que cette nuit là, traditionnellement fêtée en Allemagne par des lancements de pétards et des feux d’artifices « privés »,   un groupe de « 2000 nord-africains » enivrés a semé la zizanie devant la gare de Cologne, agressant massivement les femmes qui s’y trouvaient ou essayaient de passer. Sexuellement s’entend, comme c’est malheureusement souvent l’habitude sur la place Tahrir du Caire.

Pour l’heure, l’enquête avance peu, la police étant débordée comme elle le fut ce soir là, et personne n’est en mesure de dire :

  • Qui étaient vraiment ces hommes donc dits « nord-africains » ou « arabes » ? 31 suspects ont été « arrêtés », dont 18 seraient des demandeurs d’asile.
  • Comment sont-ils arrivés là ? Actuellement, les autorités outre-Rhin penchent pour une coordination sur les réseaux sociaux (d’autres villes ont aussi été « victimes »), mais rien n’est certain et on se demande aussi : pourquoi ?
  • Quel était l’intérêt de ces « jeunes hommes », visiblement tous issus d’une immigration plus ou moins récente, de se comporter EN OCCIDENT comme dans leur pays ? On ne comprend pas. Un très intéressant article de Christiane Hoffmann, responsable adjointe du bureau du Spiegel à Berlin, paru hier dans le magazine du même nom, apporte certes un éclairage intéressant sur la question (« Entre misère et machisme », pour les germanistes, suivez le lien ). Mais on ne comprend quand même pas quel était leur intérêt. Et, devenue quelque peu parano, on se prête à penser à une sorte de « 5ème colonne » organisant le tout pour semer la zizanie.
  • Les victimes bien sûr. Tous les jours, le nombre de plaintes déposées augmente. Hier 120, elles s’élèvent aujourd’hui à 379, les trois quart pour agression sexuelle. Deux plaintes pour viol attesté ont également été déposées.

Leurs conséquences :

  • dans un premier temps, il s’agit naturellement de faire avancer l’enquête et de « punir » les auteurs des faits, car il n’est évidemment pas question dans un Etat de droit que des femmes soient tripotées dans la rue, qu’on leur « caresse » l’entrejambe, les fesses, cuisses, seins et plus et je vous épargne. Mais cela va être un gros bazar. Qui sont-ils, où sont-ils, qu’ont-ils vraiment fait ? Dans quelle mesure, toutes les plaintes couvrent-elles des faits réels ou fantasmés?
  • Car évidemment cet événement ne tombe pas du tout à point nommé, soit en pleine « crise » des réfugiés, dont plus de 1,1 millions ont été accueillis par l’Allemagne en 2015.
  • Il tombe bien sûr aussi sur un fonds de xénophobie latente comme dans toute société.
  • La porte est donc ouverte à tous les amalgames, toutes les peurs.
  • Les clivages vont s’exacerber. Et cela a déjà commencé.

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Samedi à Cologne, plusieurs manifestations ont eu lieu l’une à la suite des autres ou parallèlement. Une flash mob organisé par une association de féministes, une manif de néo-nazis cachés sous la bannière de Pegida (ce mouvement anti-islam venu de l’Est) et sa contre manif, le tout étant dispersé à coup de canons à eau par la police.

Triste.

Le 30 décembre encore, à table, on disait à nos enfants combien on était touché par l’attitude des autorités allemandes et de tous les bénévoles qui depuis des mois s’activent à n’en plus pouvoir pour accueillir et gérer l’afflux des migrants du Moyen-Orient. Par le biais de la presse, d’affiches et de réunions dans les foyers d’hébergement (souvent des gymnases), ceux-là s’efforçaient en effet d’expliquer aux réfugiés comment on fête la Saint-Sylvestre en Allemagne. Qu’il ne fallait pas avoir peur des pétards et feux d’artifice, que ce n’étaient pas des bombes, des tirs de mitraillettes… et que rien ne leur arriverait. Bienveillants, les allemands engagés voulaient prévenir la réactivation de leurs traumatismes.

Le 31.12.2015, à Cologne, tout s’est cassé la figure. Patatras.